Le vendredi 14 février dernier, à l’Ecole doctorale de Strasbourg-Mulhouse de la Faculté des Sciences de l’éducation de l’Université de Haute Alsace, eut lieu un événement qui touche directement à notre pratique de la pédagogie : en l’occurrence, Mme Elisa Frassetto, ancienne professeur d’histoire et d’économie dans les grandes classes de notre école, y soutenait avec brio sa thèse de doctorat sur le sujet très actuel de la pensée au service de l’acquisition de connaissances : selon elle, l’enseignement s’étant, au fil des âges, et tout particulièrement maintenant, polarisé sur la seule faculté conceptuelle analytique, a provoqué une radicalisation du dualisme dans notre société (dualisme au sens de séparation du sujet d’avec le monde : mise à distance de celui qui apprend par rapport au monde qu’il est censé découvrir) avec des conséquences néfastes sur les individus et la société qui n’ont pas fini d’être recensées. Et trois autres facultés étaient évoquées aussi, mais leur mise à l’écart des processus d’apprentissage est couramment acceptée: la faculté conceptuelle synthétique, la faculté imaginative et la faculté sociale.
Le propos de sa thèse visait à montrer, au moyen de réflexions historiques et sociologiques, certes, mais aussi d’exemples concrets de pratiques pédagogiques expérimentées par elle, que réintroduire ces facultés (qui correspondent effectivement aux valeurs recherchées dans l’enseignement Waldorf) dans l’enseignement de manière générale pourrait dépolariser l’approche uniquement analytique et dépasser la rupture apportée par cette démarche, visant ainsi à construire une « capacité pensante systémique », selon la terminologie employée par la doctorante.
Les termes savants employés, de rigueur dans tout travail de cette portée, n’empêchèrent pas le message sous-jacent d’être perçu : la nécessité de repenser l’enseignement des jeunes générations, pour une rencontre plus vivante et plus constructive avec le monde : un sujet de préoccupation que partagent d’autres cercles que les milieux Waldorf uniquement… un constat réconfortant.
Pour terminer, exprimons notre admiration et notre gratitude à Madame Frassetto pour l’étayage dense et solide apporté à des sujets liés à l’approche didactique quotidienne de chaque enseignant de notre école !
Hélène Grunenberger


