L’école Mathias Grünewald a pris connaissance du reportage de Médiapart du 6 septembre intitulé « Emprise, violences entre enfants, intimidation : les écoles Steiner-Waldorf, des établissements sous surveillance ». Suite à ce visionnage, il nous a semblé important de revenir sur plusieurs points.
Nous regrettons profondément que ce reportage, bien que soulevant des questions légitimes sur la protection des enfants ou l’apprentissage des connaissances fondamentales, présente une vision partiale et sensationnaliste de notre école, et plus généralement de la pédagogie Steiner-Waldorf. Il repose sur des témoignages isolés et amplifiés, et ne tient pas compte des nombreux retours positifs de parents, d’élèves et d’anciens élèves qui attestent du bien-fondé et de la bienveillance de notre approche éducative. Notre école, qui accueille près de 400 élèves de 3 à 18 ans dans un cadre serein et enrichissant, n’a jamais fait l’objet de constats d’emprise ou de dérive sectaire par les autorités compétentes, comme l’a confirmé la Miviludes après plus de 20 ans de surveillance.
Le lien entre l’anthroposophie et le pédagogie Steiner-Waldorf
L’anthroposophie inspire notre pédagogie en valorisant une approche holistique du développement de l’enfant, centrée sur l’épanouissement intellectuel, artistique et manuel : il s’agit d’apprendre « avec le cœur, la tête et les mains ». Cette approche vise à concevoir l’enfant dans sa globalité et à respecter les différentes étapes de son évolution, sans les entraver ni les précipiter, afin qu’il puisse se développer de la manière la plus harmonieuse possible, sur tous les plans. Notre projet pédagogique détaille largement notre démarche (https://www.projetpeda.ecole-mathias-grunewald.org/).
Contrairement à ce qu’affirme ce reportage, l’anthroposophie n’est ni enseignée aux élèves ni imposée aux enseignants ou aux familles, mais sert de cadre philosophique, d’axe de travail, pour adapter nos pratiques éducatives au rythme de chaque enfant. Ce lien n’est pas dissimulé, il est même abordé avant l’inscription d’un enfant dans nos établissements, lors des matinées d’information jalonnant l’année. Un article très complet concernant le lien entre anthroposophie et pédagogie est également disponible sur le site de la fédération (https://pedagogie-waldorf.fr/2021/01/22/anthroposophie-ecole-steiner-waldorf/) et les professeurs de l’école se montrent toujours disponibles afin de répondre aux parents sur ce type de questions, en individuel ou lors des réunions de classes.
L’apprentissage de la lecture et de l’écriture
Dans notre pédagogie, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture commence un peu plus tard que dans l’Éducation nationale. Ce choix est une manière de respecter les rythmes de développement de chaque enfant. Tous les élèves apprennent à lire et à écrire. Et lorsque des difficultés apparaissent, nous mettons en place un accompagnement adapté, avec recours à des spécialistes si nécessaire. Notre objectif est clair : permettre à chaque enfant d’acquérir solidement les savoirs fondamentaux et de maîtriser, au terme de sa scolarité, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini par l’Éducation nationale.
L’accès aux livres et à la lecture
Il est vrai que notre établissement ne dispose pas d’un CDI. Cela ne signifie en aucun cas que nos élèves n’ont pas accès aux livres. Chaque classe est dotée de sa propre bibliothèque, soigneusement constituée par les enseignants. Les ouvrages proposés sont choisis avec attention, en fonction de l’âge des enfants et des matières enseignées. De plus, loin d’interdire la lecture à la maison, nous l’encourageons vivement ! Une sélection de livres jeunesse est disponible à l’accueil de l’école ainsi que lors de nos différentes manifestations ouvertes au public.
L’enseignement de l’Histoire
Concernant l’Histoire, nous souhaitons être très clairs : toutes les périodes sont enseignées, y compris l’Histoire contemporaine et des moments sensibles comme la Seconde Guerre mondiale. Les faits sont abordés de manière rigoureuse et chronologique, tout en encourageant l’esprit critique et la réflexion des élèves. Les récits mythologiques, comme celui d’Adam et Ève par exemple, sont évoqués en cours de scolarité, mais uniquement dans le cadre de l’évocation des grands mythes fondateurs des civilisations. Cela n’est en aucun cas confondu avec le cours d’Histoire, comme le précise notre projet pédagogique.
Nos programmes respectent le Socle commun de connaissances, de compétences et de culture et les exigences de l’Éducation nationale, comme en témoignent nos inspections régulières et nos résultats au baccalauréat (100 % de réussite depuis plusieurs années) ou les conclusions du dernier rapport d’inspection, qui souligne que : « l’enseignement prodigué au sein de l’établissement respecte les normes minimales de connaissance et le droit à l’éducation. » Tous les enseignements, y compris l’apprentissage de l’écriture, de la lecture ou de l’Histoire sont détaillés dans notre projet pédagogique, disponible sur notre site ou via ce lien : https://www.projetpeda.ecole-mathias-grunewald.org/
Plaintes déposées contre l’école
Les allégations évoquées dans le reportage, notamment concernant la mise en danger des enfants ont déjà fait l’objet de communication envers les parents et la presse. L’expérience de chimie dont il est question, visait à mettre en exergue le principe de combustion. Le fait que notre pédagogie mette en avant l’apprentissage par l’expérience ne veut en aucun cas dire que nous négligeons la sécurité des élèves. Même si la professeure concernée avait mis en place les mesures de sécurité qu’elle jugeait nécessaires, elle aurait dû consulter et en avertir la direction. Des mesures ont été prises depuis afin que ce type de situation ne se reproduise pas.
Concernant les violences entre enfants, elles ne sont bien entendu pas tolérées. Insinuer, comme le fait cette vidéo qu’elles sont systématiques et que les adultes n’interviennent pas est proprement calomnieux. Le quotidien de nos professeurs est rythmé par la résolution de conflits entre les élèves, l’apprentissage du lien social et du bien vivre ensemble. Nos équipes sont formées aux questions de gestion de harcèlement, un médecin est également disponible afin de répondre aux préoccupations des professeurs, des élèves ou des parents. La vocation première de nos professeurs sera toujours le bien-être des enfants.
L’allégation de négligence envers notre Jardin d’Enfants a déjà fait l’objet d’un communiqué de presse. Toutes les normes d’encadrement étaient respectées et à l’heure actuelle aucune conclusion concernant des faits de violences sexuelles n’a été déclarée.
La transmission d’une information préoccupante ou d’un signalement ne constitue pas un moyen de pression contre une famille. Il s’agit d’un moyen de protection de l’enfant, qui relève d’une obligation, puisque s’en abstenir peut être considéré comme délit de mise en danger de la vie d’autrui. De plus, ce signalement de la part d’un établissement n’est pas fait de manière anonyme et la famille concernée en est informée.
Toutes ces allégations, recyclées et sorties de leur contexte, ignorent le travail quotidien de nos équipes, qui travaillent tous les jours au bien-être des élèves. Comme toutes les écoles, nous sommes confrontés aux défis sociétaux actuels, mais nous agissons avec rigueur et efficacité pour les surmonter. Nous faisons actuellement face à une large campagne de décrédibilisation. Il est regrettable que ce reportage, à charge, ne mette pas plus en avant les nombreux témoignages positifs que nous recevons régulièrement de la part d’anciens parents ou d’anciens élèves de l’école (https://anpaps.org/category/temoignages/ ). Dans ce contexte de dénigrement, les parents mécontents, comme il y en a dans chaque école, ont beaucoup plus de poids face à ceux qui soutiennent chaque jour nos équipes et notre pédagogie.
Ce reportage aurait pu également mettre en avant l’intégration exemplaire de nos élèves dans les établissements publics ou privés. Ou le fait que notre pédagogie leur permette de devenir des adultes autonomes et responsables, avec un très bon sens critique et une très bonne adaptabilité, comme nous en témoigne régulièrement les professeurs des lycées qu’ils rejoignent, les entreprises qui les prennent en stage ou leurs employeurs.
Contrairement également à ce que laisse entendre ce reportage, notre école n’est absolument pas fermée au dialogue avec la presse, comme pourraient en témoigner les journalistes des DNA qui ont pu visiter, rencontrer et échanger avec qui bon leur semblait durant plusieurs mois. Notre école n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de Médiapart car celles-ci étaient clairement partiales et portaient uniquement sur des faits sur lesquels notre école avait déjà répondu publiquement.
Conclusion
L’École Mathias Grünewald est fière de sa pédagogie, reconnue internationalement pour son respect du rythme de développement de l’enfant, son encouragement à développer sa créativité. Nous revendiquons nos différences, qui font la force de notre approche. Nos résultats parlent d’eux-mêmes et les témoignages positifs des anciens élèves sont nombreux.
Nous réaffirmons notre confiance absolue en nos enseignants qui œuvrent chaque jour dans un climat de respect et de bienveillance et la sécurité des enfants est une priorité absolue.
Enfin, nous vous remercions, chers parents et amis, pour la confiance que vous nous accordez et vous assurons de notre transparence totale. Si des questions ou préoccupations surgissent suite à ce reportage, nous vous invitons à nous contacter directement pour un échange ouvert et constructif.
Tout le corps enseignant œuvre dans un même but : former des jeunes libres, créatifs et responsables, prêts à s’épanouir et s’engager dans le monde d’aujourd’hui.
La Direction et le Conseil d’Administration de l’École Mathias Grünewald
La fédération a également tenu à répondre via un communiqué de presse, disponible sur leur site : https://pedagogie-waldorf.fr/2025/09/07/une-enquete-biaisee-par-mediapart/


